À l’infirmerie, le Club des Cinq se remet doucement

Avec cinq blessés sur un effectif de vingt coureurs, le calcul est vite fait : le Vital Concept Cycling Club débute le mois de septembre amputé d’un quart de ses troupes. Pas épargné par les chutes et maladies depuis le début de la saison, le Club tâche de panser ses plaies et continue de composer avec les impondérables de la vie d’une équipe cycliste.

 

Premier blessé de l’été, Kris Boeckmans a toujours le bras dans le plâtre après sa chute au Tour du Danemark, voilà bientôt quatre semaines. Victime d’une fracture de l’avant-bras, le Flamand est contraint de vivre avec le bras gauche immobilisé et plâtré jusqu’au-dessus du coude. De retour sur le home-trainer -non sans peine- une semaine après son opération, «Boeckie» continue de tourner les jambes dans sa véranda. En espérant que l’os cassé ait suffisamment recalcifié, Kris passera une visite de contrôle dans dix jours et pourrait se voir poser un plâtre plus court ou une attelle, synonyme de reprise sur la route, mais ne veut pas précipiter le mouvement.

 

«J’entame mon programme de rééducation ce mercredi, avec notamment des séances de kiné, mais s’il reste la moindre complication et que je sens que mon corps n’est pas complètement prêt à se livrer à des efforts en course, je ne courrai pas après le temps pour revenir à tout prix», explique le Flamand, qui sait ce que convalescence et rééducation nécessitent comme patience. «Jérôme (Pineau, le manager général du Club) m’a recommandé de prendre mon temps afin de pouvoir faire un bon hiver et de revenir à fond pour le début de saison prochaine. Comparé à l’accident qui m’avait fait perdre quinze kilos et laissé plusieurs mois loin du sport voilà trois ans, cette chute n’est qu’un contretemps, pas un drame. Le point négatif reste que mes nuits sont toujours difficiles. J’ai du mal à trouver le sommeil car l’effort physique me manque. Et quand je dors, un système me maintient le bras en l’air pour aider mon processus de guérison.» Collectif par nature, Kris regrette davantage le sort subi par le Club ces dernières semaines que ses propres tracas. «L’équipe avait bien repris la compétition après un bon stage en juillet. Nous avions retrouvé une super dynamique et les chutes sont venues contrarier cette bonne spirale.»

 

Le Coq va mieux !

 

Autre sprinteur à l’arrêt depuis plusieurs semaines, Bryan Coquard s’apprête, lui, à reprendre les choses sérieuses. Victime d’une fracture de l’omoplate sur le Tour du Limousin, «Le Coq» va mieux et multiplie les heures de selle sur les rouleaux. Aussi impatient à l’arrêt que véloce dans les arrivées groupées, le Nazairien n’a pas mis longtemps à remonter sur le vélo, sa meilleure thérapie contre l’ennui.

 

«Pendant deux jours, seule la position allongée me permettait d’être à peu près à l’aise, explique Bryan, qui misait beaucoup sur la deuxième partie de saison pour compléter son tableau de victoires. Je suis resté au lit à regarder des films et quelques images de vélo mais il a vite fallu passer à autre chose. Je m’étais déjà cassé une omoplate voilà deux ans et je sais que cela peut se réparer assez vite, quoi qu’on en dise. Après six jours sans vélo, je suis remonté sur le home-trainer malgré les douleurs et ai réussi à trouver une position à peu près OK. Depuis, je suis passé à deux séances d’une heure par jours puis davantage encore. Je suis capable de rouler trois heures de suite sans douleur et serai de retour sur la route en fin de semaine.»

 

Le voici débarrassé de l’attelle qui entourait son épaule et son torse en maintenant son bras en écharpe, et peut goûter aux plaisirs de la fin d’été. «Je suis allé à un mariage ce week-end et ai même pu assister au Festival Pyrotechnique de Saint-Brévin, sur la Côte Atlantique. Il a souvent été organisé la veille du GP de Plouay et je n’avais jamais eu l’occasion de m’y rendre.» Alors que les pronostics médicaux laissaient penser que sa chute au Limousin sonneraient la fin de sa saison, le leader Glaz et Noir espère être de retour le week-end des 22-23 septembre, sur le Tour de l’Eurométropole ou le GP d’Isbergues.

FRacture d'une vertebre pour MARC FOURNIER  

Troisième coureur touché en août, Marc Fournier a passé un scanner ce mardi qui a révélé une fracture d'une vertèbre. Contraint à l’abandon à cause d’une chute dans le final de la 3e étape du Tour du Poitou-Charentes, le Normand souffre de vives douleurs lombaires près du sacrum et le diagnostic médical indique une fracture unilatérale de l'arc postérieur de la vertèbre L5 gauche. Le récent champion de France de poursuite par équipes consultera des spécialistes du dos dans sa ville de Caen et en saura bientôt plus sur les soins médicaux à suivre mais sa saison est d'ores et déjà terminée. 

 

Victime d’une commotion cérébrale sur cette chute survenue à haute vitesse, Marc a observé une nécessaire période de repos total d’une semaine avant de songer à reprendre. Mais les douleurs demeurent et il reste incapable de remonter sur le vélo. «Après les Championnats de France sur piste, j’avais bien repris sur la route et mes sensations étaient bonnes, explique celui qui s’était échappé dès la première étape du Tour du Poitou-Charentes. Cette gamelle est venue tout foutre par terre. C’est la même chose que l’an passé quand j’avais chuté sur le Tour de l’Espagne. Je ne peux pas remonter sur mon vélo et je cogite un peu car j’ai besoin de prouver que j’ai retrouvé mon niveau.»

 

Pour l’heure et en attendant d’en savoir plus sur la marche à suivre, le vainqueur du Circuit de la Sarthe 2016 se contente de simples balades et de séances en piscine. «Si ces douleurs nécessitent davantage de soins voire une intervention, je me concentrerai à fond sur ma rééducation afin de passer un bon hiver et de recommencer l’entraînement sans douleurs. Je ne veux pas revivre les complications qui m’ont handicapé l’hiver passé.»

 

ERWANN CORBEL À L'ARRÊT

 

Erwann Corbel, lui, connaît l’étendue de ses maux. Fracture de la clavicule droite. Nette et sans bavure. Sans moyen de guérison miracle, non plus. Tombé voilà une semaine sur la Course aux Raisins à Overijse (Belgique), le Breton vient de passer sa première nuit complète. «Les plaies et mes douleurs à la clavicule m’empêchaient jusqu’ici de bien dormir», explique-t-il, lui qui s’était déjà cassé la même clavicule voilà six ans. «Je dois observer une période de six semaines sans sport, autant dire que ma saison est a priori terminée. Dans ma situation, c’est le pire moment pour être à l’arrêt. Je suis en fin de contrat et j’aurais aimé prouver et poursuivre ce que j’ai vécu en août, notamment sur l’Arctic Race où je me suis donné à 200% pour Quentin (Pacher). J’ai vécu une première partie de saison compliquée par les blessures et maladies mais, depuis le mois de mai et le Tour d’Aragon, j’ai repris comme il faut et c’est un plaisir d’être avec l’équipe.»

 

Notamment rythmées par la diffusion des étapes de la Vuelta et des courses où ses coéquipiers sont engagés, les journées d’Erwann sont longues. «Elles commencent assez tôt, dès 6h30-7h. Je ne dors pas et je dois prendre mon mal en patience. Je gère comme je peux mais je ne peux rien faire. J’essaie de bouger le moins possible pour aider l’os à se remettre mais je n’ai même pas la possibilité de faire de séances de kiné car il faut attendre que tout soit bien consolidé, dans deux semaines sans doute.»

 

QUENTIN PACHER DÉJÀ SUR LE CHEMIN DE LA GUÉRISON

Dernier Glaz à avoir tâté du bitume, samedi lors de la Brussels Classic, Quentin Pacher est déjà de retour sur le vélo, malgré quatre points de suture au coude et une plaie à l’intérieur de la main droite. «Dès lundi, j’ai fait un tour tranquille en évitant de poser ma paume sur le cintre, explique celui qui a chuté dans la zone de ravitaillement de la course belge. Je ne peux pas encore tirer sur le guidon mais j’ai l’espoir de recourir dès dimanche prochain, au Tour du Doubs. Et si c’est trop court, je rentrerai le mercredi suivant, au GP de Wallonie.» En quarante-huit heures, l’état de santé du néo-Toulousain s’est déjà amélioré.

 

«Tout cela reste douloureux mais c’est normal, j’ai été bien remué et je me suis relevé avec le dos en vrac. Je suis allé chez l’ostéopathe ce lundi et il m’a confirmé que j’avais été bien secoué. Il n’y a plus qu’à reprendre tranquillement, aux sensations, et je rallongerai les sorties en fonction. Je parviens à dormir à peu près correctement, sans bouger. Quand je vois l’évolution de mes plaies depuis samedi, leur cicatrisation après seulement deux jours, j’ai de quoi être optimiste.» Tout le Club l’est avec lui. Le retour de Quentin aux affaires montrera le chemin à ses coéquipiers convalescents. Courage à tous, la saison n’est pas finie et la préparation de la suivante arrivera vite !

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