Kevin Reza sur son terrain de jeu

«La Rez» est de retour !

Après un mois et demi rendu compliqué par des pépins physiques consécutifs aux mauvaises conditions météo de la fin du printemps, le Francilien installé en Vendée semble avoir trouvé la bonne carburation à l’aube d’une période qu’il affectionne particulièrement. Après s’être montré très actif dans le final de la Flèche Brabançonne, mercredi, le voici prêt pour l’Amstel Gold Race, dimanche. A travers les collines du Limbourg, l’Antillais veut mener son leader Bryan Coquard le plus haut possible sur cette classique de 263 km. Installé à Maastricht depuis 3 jours en compagnie de ses équipiers et du staff du Vital Concept Cycling Club, il revient sur ses premiers mois sous le maillot Glaz, serein et heureux de sa forme retrouvée.

 

«Je n’ai pas envie de m’enflammer mais je commence à avoir de bonnes sensations, explique celui qui s’apprête à disputer sa 5e «Amstel». Ces dernières semaines n’ont pas été faciles, aussi bien personnellement que collectivement. Il y a eu des remises en questions qui se sont avérées bénéfiques et quelques coups de pieds aux fesses qui ont fait du bien… Sur les Tours de Sharjah et d’Oman, mes premières courses de la saison, tout allait bien. Au retour d’Oman et de la chaleur qui y régnait, j’ai pris froid, et ai dû amputer ma semaine d’entraînement avant le week-end Classic Loire-Atlantique – Cholet Pays-de-Loire. A cause d’une bronchite et d’une sinusite, je n’ai pas pu courir à Cholet et n’ai pu reprendre qu’à la Route Adélie, où je n’avais pas encore retrouvé mon niveau. Il a fallu que je prenne mon mal en patience… »

 

«J'ai un peu pesé sur la course, j'ai pris du plaisir...»

 

Après une année 2017 où sa forme a joué les montagnes russes pour son retour à la compétition après une grave chute sur la Vuelta 2016, le voici à nouveau sur de bons rails. «L’an passé, je ne me prenais pas trop la tête car je savais que ma forme fluctuerait après une longue période d’inactivité. Cette saison, j’ai pu faire un bon hiver, les deux stages de l’équipe en Espagne m’ont fait du bien, les courses aux Emirats aussi. Je pensais revenir assez vite mais cet hiver interminable a compliqué les choses… Je me sens mieux depuis la semaine passée et les deux dernières étapes du Circuit de la Sarthe. Mercredi à la Brabançonne, j’ai un peu pesé sur la course pour la première fois de l’année, j’ai pris du plaisir...»

 

A l’Amstel, Kevin disputera une course qui le fait rêver, au même titre que Liège-Bastogne-Liège, que l’équipe ne disputera malheureusement pas cette année. «Cette période des Ardennaises me plaît vraiment. J’affectionne ces courses et, même si je n’y ai jamais brillé à titre individuel, j’y ai toujours accompli du bon boulot pour mes leaders. Dimanche, ce sera tout pour Bryan, qui est encore jeune mais a déjà performé sur cette course. L’équipe revient en forme au bon moment, notre groupe était solide mercredi. A nous de rester concentrés pendant six ou sept heures, ce sera cela le plus dur !»

 

«On m'a souvent répété qu'il était interdit de se retourner sur l'Amstel !»

 

L’Amstel, ses trente-quatre ascensions, ses routes étroites, sinueuses voire dangereuses… La classique néerlandaise semble taillée pour ses caractéristiques physiques. «Les montées sont assez raides, sèches, et demandent davantage de punch que des qualités de pur grimpeur. Ce sont des courses où il faut être patient, savoir frotter et ne pas se découvrir trop tôt, au risque de se brûler les ailes. Sur l’Amstel, on n’a pas droit à l’erreur, c’est une course d’un jour où l’on doit tout donner sans penser au lendemain et qui fait rêver n’importe quel passionné de vélo. Je n’ai jamais couru Paris-Roubaix mais il s’agit du même type de courses, qui marquent la saison et ne sacrent que des grands.»

 

Réputée pour sa dangerosité, la course a ses secrets que Kévin découvre année après année. Dimanche, il s’agira de mesurer les risque pris et redoubler de vigilance. Une course de guerriers, où il est interdit de cogiter. «Le sport cycliste lui-même est dangereux, souligne le coureur bientôt trentenaire. Au départ de ce type de courses et tout au long du parcours, notre corps est rempli d’adrénaline, de bon stress et c’est ce que l’on cherche en étant coureur professionnel. On m’a souvent répété qu’il était interdit de se retourner sur l’Amstel. Le parcours est jalonné de nombreux terre-pleins, ça vire sans cesse à droite, à gauche, ça pile souvent, c’est la course non-stop... On le sait avant de prendre le départ, à nous de nous adapter à ce circuit-là et d’être hyper attentif.»

 

Au bout des quatre boucles à accomplir entre Maastricht et Valkenburg, Kevin et les Glaz ne rêvent que d’une chose : «voir Bryan faire un gros résultat. On sera heureux s’il est sur le podium à l’arrivée mais on rêve tous de le voir gagner. C’est lui notre leader, il a terminé 4e de l’Amstel il y a deux ans et est capable du meilleur. A titre personnel, ma course sera réussie si j’arrive dans le groupe de tête pour aider Bryan au maximum, le plus longtemps possible. Dimanche, je courrai pour lui et je sais pourquoi. Ce n’est pas être défaitiste de dire que je ne suis pas un grand champion. Je connais ma valeur, ma place et je sais ce que je peux apporter à l’équipe et à Bryan en particulier. Je suis là pour ça.»

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