«La répétition de World Tour nous aidera à passer un cap »

Le 70e Critérium du Dauphiné est derrière nous et, au lendemain de la première course à étapes World Tour de l’histoire du Vital Concept Cycling Club, sonne l’heure du bilan. La découverte fut parfois rude mais pleine d’enseignements.

 

Après une première moitié d’épreuve où rouleurs et sprinteurs ont eu leur mot à dire, les grimpeurs ont pris le pouvoir sur un parcours ultra montagneux. Peu fournie en grimpeurs, l’équipe Glaz et Noir a souffert dans les cols alpins mais n’a jamais baissé les bras après avoir assumé ses ambitions sur les deux premières étapes. «Nous n’avions pas de purs grimpeurs dans l’effectif et, pour exister, il nous fallait prendre les choses en main en début de Critérium, confie Didier Rous, le directeur sportif de l’équipe sur le Dauphiné. Nous avons pris nos responsabilités, sans le résultat escompté mais en répondant présent là où l’on nous attendait. C’est ainsi que nous progresserons et nous hisserons à ce niveau World Tour si relevé.»

 

Le World Tour, Arnaud Courteille l’a côtoyé pendant sept saisons avant de signer au Vital Concept Cycling Club cet hiver. Le Mayennais de 29 ans a terminé 71e du Critérium du Dauphiné après s’être glissé dans l’échappée de la 4e étape, en direction de Lans-en-Vercors. Couru sur un rythme très élevé, ce Dauphiné a permis à Arnaud et au reste de l’effectif de mesurer le chemin à parcourir pour atteindre les sommets. A l’heure de tirer les enseignements, l’ancien champion de France Espoirs fait preuve de lucidité et reste convaincu que l’avenir appartient aux Men in Glaz.

 

L'intensité du world tour pour progresser

 

«Il y avait un très, très gros niveau sur ce Dauphiné. Nous en avons parfois souffert mais il n’y a pas de secret. Le Dauphiné était notre première course à étapes World Tour et, pour être performant à ce niveau, il faut en faire plusieurs. La répétition de courses World Tour nous aidera à passer un cap. Sur ces épreuves-là et encore plus sur les grands Tours, le corps s’habitue à des efforts répétés à haute intensité. En fin de Dauphiné, j’ai vu que mes relevés de puissance étaient bons. Les meilleurs depuis le début de la saison. Dans les étapes de montagne, cela bataillait pendant une heure, une heure et demie. Les premiers cols se montaient à bloc et, pour suivre ou prendre l’échappée, il faut tenir ce rythme le plus longtemps possible. Ces intensités sur de telles durées, on ne les retrouve pas ailleurs que dans le World Tour. Cela peut paraître paradoxal mais la succession des jours de course, si elle fatigue l’organisme, permet de progresser et fait monter d’un cran le niveau physique.»

MOTIVÉ POUR LA SUITE DE LA SAISON

 

Avec sept grands Tours au compteur, l’homme que l’on nomme «Courtepattes» sait de quoi il parle et n’aspire qu’à regoûter à ces courses à la saveur particulière. «Un grand Tour permet de prendre de la force, de «gagner une ou deux dents». L’équipe n’a rien à envier aux équipes du World Tour et mérite de participer à davantage de courses de ce niveau. Niveau organisation, stratégie ou briefing, nous sommes clairement au niveau. Le staff est composé de membres qui ont acquis une grande expérience dans leur passé. Chacun amène le meilleur de ce qu’il a connu ailleurs, avec une motivation incroyable. Le Dauphiné était pour nous LA course avant la fin de notre première partie de saison, pas une course comme les autres, comme c’est parfois le cas ailleurs. Nous étions heureux d’être au départ de cette course, et nous y étions à fond.

 

Voilà pourquoi nous nous sommes battus tous les jours et avons pris nos responsabilités sur les deux premières étapes, où Bryan (Coquard) avait ses chances. Si nous avions gagné une étape en début de Dauphiné, notre semaine aurait été réussie. Là, nous avons compris qu’il nous fallait être encore patients pour continuer à progresser, sans baisser les bras et en songeant à l’avenir. Avoir un leader sur ces épreuves montagneuses permet à toute une équipe d’avoir un fil directeur et de ne pas nourrir de complexe pour abattre un gros boulot. Quand tu n’as pas de leader, il faut viser les échappées et savoir rester mobilisé, avec un objectif auquel on se tient. Sinon, tu «reçois» et tu subis en attendant la fin… Dans le peloton, beaucoup de coureurs viennent nous interroger sur la vie de l’équipe, son futur, ses ambitions. Le fait d’avoir roulé à l’avant du peloton en début d’épreuve nous a valu pas mal de considération de la part de la concurrence. Dimanche, un grimpeur très expérimenté et curieux est venu me parler de notre organisation, de notre matériel. Tout le monde voit que l’équipe est bien structurée et qu’elle est déjà à un bon niveau après seulement six mois d’existence. Si nous parvenons à programmer la saison comme nous le souhaitons, à glisser un ou deux stages de montagne et éventuellement élargir le staff, nous serons vite au niveau.»

 

Arrivé chez les Glaz et Noir avec l’envie de «retrouver du plaisir», le Mayennais semble sur le bon chemin… et compte le poursuivre. «J’aimerais prolonger l’aventure. L’équipe véhicule une bonne image et chacun sait que nous sommes jeunes, que nous allons nous développer et grandir. En attendant, je suis très motivé pour la suite de la saison. J’ai fini le Dauphiné fatigué mais rien de plus normal, ce sera même bénéfique pour les semaines à venir. A moi de bien récupérer, de rester concentré puis de remettre en route en milieu de semaine. Je suis content, je vais pouvoir faire une longue sortie le week-end prochain avant de courir le Tour de Savoie Mont-Blanc, où les parcours seront aussi durs que sur le Dauphiné. Ce sera idéal en vue du Championnat de France où nous irons sans complexe, avec une équipe forte et toujours l’envie de bien faire. J’ai hâte d’y être et de voir ce que cela donne.» Parole de Courtepattes !

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