Mini Turgis, les pieds sur terre et des pensées vers le ciel

24 heures après sa 42e place sur le vélodrome de Roubaix, Tanguy Turgis refuse de s'enflammer. Il est, certes, devenu dimanche le plus jeune coureur à terminer l’Enfer du Nord depuis 79 ans, mais considère simplement «avoir fini une course». Pas plus.

 

«En arrivant au bus après la course et les interviews sur la pelouse du vélodrome, j’avais 75 notifications sur mon téléphone», révèle Tanguy depuis l’hôtel où le Vital Concept Cycling Club est d’ores et déjà réuni en vue de la Flèche Brabançonne, qui se courra mercredi. «Sur le trajet, j’ai répondu aux messages, lu les tweets et retweets et, en arrivant l’hôtel à 20h, j’avais toujours autant de notifications non lues ! Un truc de fou…»

 

En compagnie de son équipier suisse Patrick Müller, qui disputera lui aussi la Flèche Brabançonne, le benjamin de Paris-Roubaix 2018 s’est contenté d’une sortie d’une heure ce lundi, en fin de matinée, «pour récupérer mais seulement en danseuse, rigole-t-il. J’avais trop mal aux fesses et au bas du dos. Sinon, les jambes, ça allait.»

 

Son plus grand moment, dimanche ? «L’entrée dans le vélodrome en compagnie de mon frère Jimmy. J’avais l’impression que tout le monde était content pour nous, ce sont des sensations incroyables… Sur le parcours aussi, j’ai vécu de bons moments : la trouée d’Arenberg était impressionnante, notamment à cause du bruit fait par les spectateurs mais les barrières nous laissent un peu d’espace, au contraire des secteurs de Mons-en-Pevèle et du Carrefour de l’Arbre où, sincèrement, il y avait beaucoup, beaucoup de monde. Je ne m’attendais pas à cela, c’était même parfois un peu chaud…»

 

Sollicité par les médias et star d’un soir sur les réseaux sociaux, le plus jeune des Men in Glaz garde toute sa fraîcheur et les pieds sur terre. «Après tout, 42e ce n’est pas un grand résultat, sourit-il. J’ai trouvé qu’on en avait fait un peu trop avec moi… J’ai eu des messages de la part de coureurs comme Brice Feillu ou David Gaudu, et ça me touche. En course, Adrien Petit m’a félicité pour ce que je faisais. Quand je le voyais à mes côtés, lui ou même Démare, dans des secteurs où je perdais des places, ça me rassurait et je me disais qu’il ne fallait pas paniquer. Après, j’aurais préféré rester plus longtemps avec les meilleurs afin d’aider Bert (De Backer), notre leader…» Victime d’une crevaison dans le secteur 12, Tanguy a dû lâcher le groupe des favoris et rallier Roubaix au courage, du haut de ses 19 ans.

 

Arrivé dans sa chambre d’hôtel belge dimanche soir, Tanguy savait qu’il aurait du mal à trouver le sommeil après tant d’efforts et une telle excitation. «J’ai passé pas mal de temps sur mon téléphone, puis la nouvelle du décès de Michael Goolaerts est tombée. D’un seul coup, je suis passé d’un sentiment de satisfaction à une profonde tristesse. Michael était un gars qui me disait bonjour avec un grand sourire à chaque fois que l’on se croisait, je l’aimais beaucoup et on discutait souvent ensemble dans le peloton…»

 

Désormais tourné vers l’avenir, le jeune puncheur songe à l’enchaînement Flèche Brabançonne-Amstel Gold Race, où il tâchera d’épauler au mieux son leader Bryan Coquard. «On verra comment je récupère de mon dimanche mais j’aimerais vraiment faire du bon boulot.» Pas question de brûler les étapes. «De toute façon, tout dépendra de mes prochains résultats. Pour l’heure, je profite et je ne me prends pas la tête mais, à mon avis, tout redeviendra vite calme…»

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