Patrick, Tanguy et Jérémy… Trois blessés sur le bon chemin

Difficile de vivre sa vie de coureur professionnel loin des pelotons et, même, parfois loin de sa bicyclette. Jeunes mais blessés et contraints à l’arrêt pour des périodes plus ou moins longues, Patrick Müller, Tanguy Turgis et Jérémy Lecroq font contre mauvaise fortune bon cœur et prennent leur mal en patience tout en préparant leur retour au plus haut niveau.

 

Opéré de l’artère iliaque fin avril, le Suisse «Paede» Müller poursuit sa rééducation en respectant le programme établi par le corps médical et les entraîneurs de l’équipe. «Après 6 semaines sans sport, je prends plaisir à pratiquer une activité physique régulière sans douleur mais sans intensité. Voilà trois semaines, j’ai eu un entretien avec le chirurgien qui m’a opéré, il m’a interrogé sur ma cicatrice, mes douleurs, mon ressenti et, puisque tout allait parfaitement bien, j’ai pu entamer ma rééducation dans les temps prévus. Aujourd’hui, je fais 30 minutes de home-trainer chaque matin avant le petit déjeuner et suis autorisé à sortir à vélo trois fois par semaine, à raison de deux heures par séance. A côté de cela, je fais du stretching, du renforcement musculaire et vais voir une physio qui vit pas loin de chez moi. Je me sens à nouveau coureur cycliste !»

 

Protagoniste sur la campagne de classiques flandriennes et ardennaises, le néo-pro de 22 ans a le regard tourné vers l’avenir, avec des échéances bien établies. «La semaine prochaine, j’aurai le droit de faire deux heures de vélo par jour, ce qui fera grimper le volume horaire hebdomadaire. Ensuite, deux mois après mon opération, je serai libre de reprendre un entraînement normal. Depuis que j’ai ressorti le vélo, je me contente de sorties à 120, 130 pulsations/minute et la puissance augmente gentiment. Hier, j’ai fait ma première séance de musculation (légère) et me voici ce matin avec de bonnes courbatures !»

 

Patrick Müller plongé dans les bouquins

 

En fin de cursus universitaire, Patrick a mis à profit ces six semaines loin du vélo pour étudier et sera fin prêt pour ses examens, cet été. «J’ai aussi profité de cette période pour lire pas mal de bouquins. Un livre que Bert (De Backer) m’a prêté, sur la motivation et la façon de relever ses challenges, notamment sportifs. J’ai aussi terminé un livre d’économie et des romans, ai pu redécouvrir le plaisir de sortir boire un verre avec les copains, passer du temps avec eux à la piscine et même regoûté aux joies de la natation. Des choses que je ne connaissais pas ou avais un peu oublié…»

 

Jamais loin du vélo dans une famille où les trois fils courent à plus ou moins haut-niveau, Paede a également suivi l’actualité cycliste… et est resté au contact du monde professionnel. «J’ai évidemment regardé le Critérium du Dauphiné à la télé, gardé le contact avec mes coéquipiers et suivi leur actualité via les réseaux sociaux. Samedi, je suis aussi allé voir le contre-la-montre par équipes du Tour de Suisse et, avant cela, j’avais conduit le scooter pour Stefan Küng, mon voisin qui court chez BMC (maillot jaune pendant trois jours sur l’épreuve helvétique). Je l’ai «drivé» pendant 80-90 kilomètres et ai pu constater qu’il allait plutôt bien !» Après un entretien de contrôle à la fin du mois, le grand Suisse, longtemps échappé sur la dernière Flèche Wallonne, devrait retrouver l’ensemble du Vital Concept Cycling Club lors d’un stage organisé du 14 au 24 juillet en Corrèze.

Jérémy Lecroq sera là au France : coureur ou spectateur ?

 

Autre convalescent Glaz, Jérémy Lecroq, victime voilà trois semaines d’une fracture du coude sur la première étape du Tour de Belgique, est lui aussi en voie de rétablissement. «L’inactivité est parfois dure à vivre mais j’avais déjà vécu une période de repos forcé l’an passé, explique le vainqueur du dernier GP de Lillers. Je m’occupe comme je peux mais les circonstances permettent de profiter de choses que l’on ne peut pas forcément vivre en pleine saison cycliste. Des balades avec ma copine, du temps pour voir ma famille, m’aérer l’esprit et couper complètement du vélo pour y revenir avec beaucoup d’envie, le plus tôt possible. Au-delà de mon coude, qui devrait se remettre en place naturellement grâce à la rééducation et les séances de kiné, j’ai toujours un hématome au bras suite à ma chute et je tâche de drainer le sang grâce à des massages…»

 

En contact régulier avec ses coéquipiers et les directeurs sportifs de l’équipe, l’animal hautement social qu’est Jérémy n’a pas changé d’un pouce et a manifestement hâte de retrouver les Glaz et Noir. «Mon but est de perdre le moins de temps possible car mon arrêt de travail prend fin le 23 juin. J’aimerais participer aux Championnats de France qui auront lieu le 1er juillet en région parisienne, d’où je suis originaire. Si j’ai le feu vert des docteurs, j’aimerais aider les copains et ce serait top de contribuer à notre victoire. Si je ne suis pas encore autorisé à courir, je me contenterai d’être là en spectateur mais comptez sur moi pour être présent sur place !»

 

scaphoïde cassé, Tanguy Turgis prend de la hauteur

 

Arrêté depuis dix jours et plâtré suite à sa fracture du scaphoïde intervenue sur les Boucles de la Mayenne, Tanguy Turgis a, lui, mis cap sur les sommets. «Je suis à La Toussuire et, là, je ne vois rien du tout, confie le benjamin du Vital Concept Cycling Club, perché dans la Maurienne. Je suis parti randonner voilà 45 minutes et me voici à 2120 mètres d’altitude. C’est la première fois que je randonne à pied puisque je n’avais jamais été immobilisé avant cette chute et je ne vais pas tarder à redescendre vers la station. Ce stage en altitude et en famille était dans mes plans pour préparer notamment le Championnat et j’ai tenu à venir même si mon programme a changé. Me voilà en pleine coupure seulement trois semaines après en être sorti mais je n’ai pas le choix. Je ne monterai sur le vélo que pour reprendre sur home-trainer, aujourd’hui ou demain, en espérant pouvoir reprendre sur route au stage de juillet.»

 

Scaphoïde cassé mais sans douleur ou presque, Tanguy expérimente la frustration, à tout juste 20 ans. «Je prévois de reprendre la préparation physique la semaine prochaine, avec des exercices de gainage sur le coude mais sans l’aide des mains. Les médecins m’ont parlé d’une indisponibilité de trois mois maximum mais, avec un peu de chance, peut-être que cette période ne sera que de deux mois. Si c’est le cas, je n’aurai finalement manqué que deux courses !» Chassez le naturel… Mini Turgis revient au galop. Avant cela, repos et oxygénation au grand air. Profite des sommets et prends des forces, Tanguy, la deuxième partie de saison s’annonce pleine et intense !

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