Scheldeprijs : Jérémy Lecroq 5e

Jérémy Lecroq à travers les éléments

L'édition 2018 du Grand Prix de l'Escaut, au parcours remanié, aura été totalement inattendue. On attendait Marcel Kittel, Dylan Groenewegen ou Arnaud Démare mais aucun de ces trois favoris n'était présent dans l'emballage final. Notre jeune Jérémy Lecroq - 22 ans - aura tiré son épingle du jeu pour prendre la cinquième place. Retour sur une journée... particulière.

 

La retransmission n'a pas encore commencé mais l'information circule sur les réseaux sociaux : une partie du peloton a été arrêtée par un passage à niveau fermé. Parmi eux, Adrien Garel et Corentin Ermenault qui perdent alors plus de deux minutes. Rien à faire si ce n'est attendre. Une trentaine de coursiers a elle franchi le passage à niveau alors que les barrières se fermaient. On retrouve là Kris Boeckmans, local du jour, et Steven Lammertink pour le Vital Concept Cycling Club. À l'instar d'Arnaud Démare, Tony Martin ou Dylan Groenewegen, ce groupe est mis hors-course pour avoir enfreint le règlement.

 

À 65 kilomètres de la ligne, il n'y a plus que 55 coureurs encore en course parmi lesquels deux hommes en Glaz : Julien Morice et Jérémy Lecroq, notre meilleure chance de briller dans la banlieue d'Anvers. Mais personne n'était au bout de sa peine : la pluie redouble, le rythme s'accélère et le bitume glissant rend le final périlleux. Les crevaisons et incidents mécaniques se multiplient, épargnant les hommes du Vital Concept Cycling Club, mais pas Marcel Kittel, qui ne participera pas au sprint final, lui le quintuple lauréat du Scheldeprijs. À 2000 mètres de la ligne d'arrivée, Julien Morice est destabilisé dans un virage et chute, heureusement sans gravité. Jérémy Lecroq est esseulé parmi les jeunes sprinteurs qui vont se jouer la victoire. Rusé, le lauréat du GP de Lillers n'a pas froid aux yeux et garde sa place au milieu des World Tour pour décrocher la cinquième place. Encourageant.

 

Réactions

Jérémy Lecroq, cinquième :

«C'est un beau Top 5, bon à prendre pour l'équipe sur une belle course comme le Scheldeprijs mais je pouvais espérer mieux. J'ai rapidement senti que j'avais de bonnes jambes aujourd'hui. Ce sont toujours des courses spéciales, ça peut bordurer à tout moment. Il faut sans cesse se battre pour être en tête de course. J'étais dans les premiers du peloton, derrière Quick-Step Floors et je n'ai même pas entendu la chute puis l'incident au passage à niveau. En changeant de direction, je me suis retourné et nous n'étions plus que 45 ou 50 coureurs. Je n'ai pas compris, c'est à l'oreillette que l'on m'a expliqué la situation. Je suis passé tout à fait normalement sur le passage à niveau, je n'ai rien entendu de particulier. J'ai juste senti que l'on passait des rails ! 

 

À deux dans le peloton principal, avec Julien Morice, je me suis dit que ça serait long. Juste après le passage à niveau, il y a une chute devant. J'ai eté gêné et j'ai perdu le contact avec le peloton. On a bien mis 15 ou 20 kilomètres avant de revenir. Il m'a fallu du temps pour récupérer. J'étais content de pouvoir être présent devant, à 10 bornes de l'arrivée, je naviguais un peu loin, je n'étais pas encore dans mon sprint. Nous avons réussi à nous trouver avec Julien Morice et il m'a replacé avant le secteur pavé que j'ai abordé dans les premiers.

 

Dans un final en petit comité, sans les favoris, tout le monde veut tenter sa chance. C'était un final houleux où il était compliqué de bien se placer. J'ai vu le Team SKY remonter puis j'étais entre les trains de Quick-Step et Bora-Hansgrohe. J'ai perdu quelques places et me suis retrouvé bloqué par un coureur au moment de produire mon effort. C'est le petit regret de ce final. J'étais capable de mieux faire. La porte s'est fermée, un petit coup de patin, la porte s'ouvre et je relance pour faire cinquième.

 
Cette place est rassurante. Je sentais la forme venir depuis quelques jours à l'entraînement mais je n'étais pas bien dimanche dernier sur le Tour des Flandres. J'espère que ça ira mieux, dimanche à Roubaix, une course que j'ai en tête depuis longtemps.»

 

Corentin Ermenault, arrêté par le train :

«Toute cette histoire débute au ravitaillement. Quick-Step avait pris son ravito quelques minutes avant et ils ont zappé la zone de ravito en faisant un beau coup de bordure. On était tous en ligne et deux minutes après, il y a eu une grosse chute sur la gauche de la route où Jonas Van Genechten a été impliqué. Ça a scindé le peloton en plusieurs parties. Et là, les barrières du passage à niveau descendent. Personnellement, je m'arrête, pas question de jouer avec ma vie ! (Rires). Mais le groupe devant moi est passé, il était difficile pour eux de s'arrêter vu la vitesse où ça roulait. On a alors attendu environ deux ou trois minutes avant de repartir. On était au KM 105, il restait plus de 95 kilomètres... La course était finie. On a repris la roue et récupéré la trentaine de coureurs mis hors course. On a roulé deux par deux, comme à l'entraînement, jusqu'à nos bus.»

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